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Comment le savaient-ils ?

Comment nos ancêtres furent ils informés de la noyade d’un proche dans le Rhône, entre 1840 et 1850 ?

Le vendredi 15 mars 2024, par Michel Guironnet

C’est la question qui me "turlupine" depuis déjà pas mal de temps : aux Roches de Condrieu, ou en face à Condrieu, ou bien plus bas au bord du Rhône, entre 1840 et 1850, sont souvent repêchés des cadavres de noyés.

Dans les jours suivants, parfois moins de 15 jours, une ou des personnes de sa famille viennent "reconnaitre" le corps, souvent en très mauvais état après avoir séjourné plusieurs jours dans l’eau. Certains noyés sont donc ainsi identifiés.

Dans les actes rédigés à ce moment, il est indiqué "noyé à..." (entre Lyon et Les Roches) avec l’endroit, le jour et parfois l’heure, et les circonstances de la noyade (exemples : un jeune homme se baigne dans le Rhône, un soldat fait boire son cheval, un désespéré laisse un courrier d’adieu...)

Comment ces personnes savaient-elles qu’ici (aux Roches ou ailleurs) avait été repêché un noyé ?

Pourquoi avoir choisi entre 1840 et 1850 ? C’est qu’alors les noyades sont très fréquentes. Ce sont aussi les dix dernières années du "Premier XIXe siècle", avant que de nouveaux moyens de communication (chemin de fer, bateau à vapeur, télégramme et téléphone) ne se développent. Après 1850, il sera plus facile, me semble t’il, de se déplacer ; voire même d’envoyer rapidement des messages d’un point à un autre, sur de grandes distances, sans se déplacer.

La première façon de savoir qu’un noyé a été repêché est la lecture des journaux locaux. Dans la presse locale sont insérés des avis précisant la découverte d’un cadavre avec sa description physique et les vêtements qu’il porte.

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Nu, inconnu et tatoué !
"Retiré du Rhône" le 11 juin...mais où ?
"Journal de Vienne" du 13 juin 1846

Mais cette macabre découverte n’est pas toujours publiée : entre 1846 et 1850, aux Roches de Condrieu, les registres de décès comptent quatre actes de "noyés inconnus". A Condrieu, il y en a six [1].

Alors qu’il n’y a pas, dans le même temps, autant d’articles les concernant !

Aux Roches, le 6 mai 1848, cinq femmes périssent noyées lors du chavirage de leur barque. Elles sont toutes bien identifiées. Nous aurons peut-être, un jour, l’occasion de raconter ce dramatique épisode.
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Noyade du jeune Jouteur, 13 ans, à Vienne
"Moniteur viennois" du 26 janvier 1843

Fréquemment aussi sont publiés des "avis de disparition" ou signalant la noyade d’une personne. Des personnes peuvent ainsi avertir qu’un corps vient d’être repêché dans le fleuve pas loin de chez elles... au garde-champêtre ou à la Gendarmerie, voire au Juge de Paix ?

A noter que ces "avis" paraissent souvent dans les journaux plusieurs jours après les faits. Et parfois en même temps ou après que l’identification du corps ait eu lieu ! Et ils sont souvent bien approximatifs.

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"Moniteur viennois" du 12 février 1846
Ce simple entrefilet mériterait tout un article. Ce n’est pas à Condrieu, mais en face aux Roches, qu’a été repêché le cadavre. Et en plus, le maire l’a enregistré sous un autre nom ! Il a fallu un procès des héritiers de Joseph Léger pour attester qu’il était bien mort !
Par contre, le cadavre féminin de Seyssuel-Chasse attend toujours d’être identifié...
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"Moniteur viennois" du 25 février 1847

Levée de cadavre par le juge de paix

Pour avoir "travaillé" sur plusieurs cas de ce genre, je m’aperçois que parfois le parent qui reconnait le corps arrive de loin, et cela à peine un jour ou deux après la découverte du cadavre !!
Quelle efficacité entre le moment de la disparition et l’identification du noyé ! (pas de téléphone à l’époque...peut être un télégramme ? ) Et il faut du temps pour faire le voyage par bateau ou à cheval.

"Ayant été informé par la clameur publique..."
D’autres fois, à l’inverse, la reconnaissance du cadavre est faite par des "voisins" de la commune où le cadavre est repêché.
Le 13 juin 1847 à Tupin, à cinq heures du soir, Jean Henry, juge de paix du canton de Condrieu, "ayant été informé par la clameur publique qu’un cadavre avait été retiré du Rhône par le Sieur Jean Champin, ...se trouvait déposé sur la commune de Tupin-Semons, au lieu de l’Ile du Beurre" s’y déplace avec "1e ledit Sieur Champin, 2e Jérôme Charrin, docteur-médecin à Condrieu, 3e Jean Charles Ristori, Brigadier de Gendarmerie, 4e & enfin Antoine Favel, Gendarme".
Sur place, ils trouvent "Monsieur Bernard, maire de la commune de Tupin-Semons, que nous avions fait prévenir de s’y rendre".../...

"Le Sieur Champin nous a fait apercevoir gisant sur le bord du Rhône, un cadavre du sexe masculin, paraissant âgé de 26 ans, taille d’un mètre soixante huit centimètres, cheveux et sourcils noirs, front ordinaire, yeux châtain, nez gros, bouche grande, menton pointu portant moustache, vêtu d’une veste ronde garnie de boutons noirs indiquant que ce cadavre était militaire & appartient à un régiment de hussards, & d’un pantalon d’ordonnance rouge, d’un col d’ordonnance, d’une chemise en toile portant le numéro matricule 1487. Chaussé de bottes garnies d’éperons.".../...
"Ledit Sieur Champin nous a déclaré que ce jourd’hui, à midi, il se trouvait sur le fleuve du Rhône, conduisant un petit batelet lorsqu’il s’est aperçu que les eaux de ce fleuve entrainaient le cadavre humain qui est sous nos yeux, que de suite il a dirigé son batelet sur ce cadavre & l’a retiré de l’eau.

Comme la description que nous avons faite des habillements de cadavre nous a fait reconnaitre qu’étant militaire & présumant qu’il pouvait appartenir au régiment de hussards en garnison à Vienne, nous en avons de suite donné la connaissance à Mr le Commandant de ce régiment & afin qu’il pût être reconnu par le corps, nous en avons ajourné l’inhumation jusqu’à demain deux heures de relevée.
../... Nous avons ordonné en outre que les habillements de ce cadavre seraient déposés à la mairie de Tupin-Semons pour que représentation en soit faite quant & à qui de droit."
 [2]

Un hussard dans le Rhône

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1846 Hussard du 7e régiment

Le lendemain, 14 juin 1847, « à une heure du soir », devant Joseph Bernard, maire de Tupin Semons, « sont comparus M.M. Mercadel Michel Marie, maréchal des logis chef au septième régiment des hussards, troisième escadron, âgé de vingt sept ans, & Dominique Roussel, hussard de première classe aux même régiment & escadron, âgé de vingt six ans, tous deux domiciliés à Vienne.
Lesquels nous ont exposé que Mr le Colonel commandant ce régiment ayant été avisé le jour d’hier par Mr le Juge de paix du canton de Condrieu qu’un cadavre du sexe masculin avait été retiré du Rhône…au lieu de l’Isle du Beurre ; il soupçonnait que ce pouvait être un hussard de leur régiment qui s’est noyé lundi sept du présent mois.../...d’après l’ordre de leur supérieur, ils se présentent devant nous & nous ont invités de les accompagner au lieu où se trouvait ce corps mort afin de vérifier si c’est bien celui dont on soupçonne le décès.
Etant arrivés sur place, ils ont en effet reconnu que le cadavre dont il s’agit était celui de Lehongre Jacques Louis Pierre, surnommé Durocher, né le quatorze août mil huit cent vingt un à Aunou le Faucon, canton d’Argentan (Orne), fils de Pierre & de Marguerite Boutigny, domiciliés à Bailleul (Orne), hussard de deuxième classe au troisième escadron dudit régiment où il a été incorporé le quinze juillet mil huit cent quarante-deux. Ledit Lehongre était inscrit sur les contrôles dudit régiment sous le numéro matricule 1487.
En conséquence, n’ayant plus de doute sur l’identité de ce cadavre, nous avons ordonné qu’il soit procédé à son inhumation dans le cimetière de cette commune, ce qui a été fait immédiatement.
 [3]

La noyade du jeune "garçon de salle de l’Hôtel de la Table Ronde" à Vienne.

« L’an mil huit cent quarante neuf et le deux juin à cinq heures du soir, acte de décès d’un jeune homme inconnu rejeté par le Rhône sur le territoire de la commune des Roches et noyé dans le fleuve, âgé d’environ dix sept ans, taille d’un mètre quatre vingt centimètres, cheveux et sourcils noirs, front découvert, yeux bleus, figure bouffie, menton rond ; trouvé couvert d’un simple caleçon tricoté en coton, très court, et sur la ceinture duquel est imprimé le N°301.
Sur la déclaration faite à nous Jean Pierre Couturier, Maire des Roches, par les Sieurs Jean Siaux, secrétaire de la mairie âgé de trente ans, et Pierre Cadier, chapelier âgé de quarante deux ans, tous domiciliés audit lieu.
Après nous être assuré de l’exactitude de cette déclaration, nous avons dressé le présent, que nous avons signé lecture faite. Couturier, Siaux, Cadier »
 [4].

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Joseph Fraichet s’est noyé !
"Journal de Vienne" du samedi 9 juin 1849

Cet article daté du samedi 9 juin 1849 dans le « Journal de Vienne », feuille hebdomadaire, nous en apprend plus. Si l’on en croit le rédacteur « Joseph Fraichet…s’est noyé mardi dernier…au port de l’Ecu » à Vienne. Ce serait donc le mardi 5 juin… mais la découverte de son cadavre aux Roches est du 2 juin ! Il faut donc plutôt dater cette noyade du mardi précédent, c’est-à-dire fin mai !

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Reconnu et inhumé par son patron
"Moniteur viennois" du 14 juin 1849

Le « Moniteur viennois » du 14 juin 1849 nous dit que ce pauvre jeune homme est inhumé par les soins du propriétaire de l’hôtel. Donc entre le 2 juin et le 13 juin ! Comment M. Ombry a-t-il su qu’un noyé avait été retiré du Rhône ?
Il a fait le déplacement de Vienne aux Roches, une douzaine de kilomètres, sans être sûr toutefois qu’il s’agissait bien de son garçon de salle.
Le corps a été reconnu sur place. Comment a-t-il été conservé pendant ces quelques jours ? Comment s’est passée cette identification ? Il a fallu nécessairement la présence des « autorités » pour officialiser l’identité du noyé.

Toujours est il qu’à la date du 9 juin 1849, dans le registre des Roches de Condrieu, est rédigé cet acte : "Le neuf juin (1849) à cinq heures du soir, acte de décès de Joseph Freychet, âgé de vingt deux ans, cuisinier natif de La Tour du Pin, rejeté par le Rhône le jour d’hier, à cinq heures du soir, et reconnu par le Sieur Ombry, traiteur à Vienne, comme étant son garçon cuisinier ..." [5]
La déclaration au maire des Roches est faite par deux mariniers des Roches : Etienne Chevalier, 25 ans, et Félix Chevalier, 24 ans.
« Après nous être personnellement assuré de l’exactitude de cette déclaration », le maire Jean Pierre Couturier signe l’acte avec les deux témoins.

A noter que, dans cet acte, la date indiquée pour la découverte du cadavre est le 8 juin. L’ acte cité plus haut, rédigé lorsque ce "jeune homme inconnu est rejeté par le Rhône", est du 2 juin !
Pourtant, c’est Monsieur le Maire qui a rédigé les deux actes. Il n’a pas poussé très loin ses vérifications !

Des lecteurs ont certainement les mêmes questions que moi sur ces cadavres trouvés dans le Rhône... et bien d’autres fleuves !


[1Aux Roches le 21 juin 1847, le 14 mai 1848, le 2 juin 1849, le 18 octobre 1850. A Condrieu, les 16 et 27 avril 1846, le 27 février et 8 juillet 1847 ; le 5 mars et 20 juillet 1849.

[27 Up 1749 Justice de paix de Condrieu (1846-1847) aux archives départementales du Rhône. La gravure du hussard illustrant cet épisode est tirée du "Recueil. Uniformes militaires français, 1794-1891".

[3Acte de décès N°7 à Tupin-Semons, registre 4 E 5308 vue 3/5, sur le site des archives du Rhône.

[4Registres d’état-civil des Roches de Condrieu en ligne

[5Philibert Ombry fut à Vienne un chef de cuisine et maître d’hôtel réputé. Né le 3 juin 1813 à Montélimar, il épouse à Vienne le 3 juillet 1833 Anne Loup née à Seyssuel-Chasse le 2 juillet 1814. Il meurt à 58 ans à Vienne le 18 décembre 1871.
François Ponsard et Charles Reynaud, deux poètes Viennois, « partaient sans rien dire et venaient en Dauphiné embrasser leurs mères. On prenait le grand air, on allait à la chasse, les amis de Vienne commandaient un banquet splendide à Philibert Ombry, à cet excellent homme, à cet artiste au cœur d’or, disciple si intelligent de Brillat-Savarin, et tout était oublié au milieu des épanchements de la plus vive amitié » Communication de M. Alain Collet - Bulletin de la Diana 2003.

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34 Messages

  • Comment le savaient-ils ? 15 mars 08:10, par Alain

    A quelle vitesse circulaient les informations, et au-delà, le courrier ? Dans les temps « historiques », et avant l’apparition du chemin de fer…
    Le moyen le plus courant : à pied… le plus rapide : le cheval…
    A la création des départements, il a été pris pour règle qu’il ne devait pas y avoir plus d’une journée à cheval pour se rendre de la préfecture au lieu le plus éloigné du département.
    Donc, pour traverser un département, il faut compter 2 jours… environ... à cheval...
    Pour connaitre la vitesse d’un courrier « important » entre 2 lieux éloignés, comptez le nombre de départements qui les sépare, et multipliez par 2… A PEU PRES…
    C’est ainsi que je fais mais… sans aucune certitude… je peux me tromper…….
    N.B. : cela ne vaut que pour des courriers transportés par les « gens de pouvoir", politique ou écomomique qui peuvent compter sur un réseau de porteurs de malles-poste, de relais organisés avec auberges et changements de montures.
    Pour le reste, (disons : le « petit peuple ») la propagation des informations se faisait à pied… par les colporteurs, les voituriers, les pèlerins… et lors des rencontres les jours de foires.
    Et de nos jours…………à la seconde……
    Cordialement
    Alain A.

    Répondre à ce message

    • Comment le savaient-ils ? 15 mars 09:57, par Christophe CANIVET

      Vous confondez 1789 et 1840  😉
      Cette règle selon laquelle les citoyens les plus éloignés du chef-lieu doivent être en mesure de faire le trajet aller-retour à cheval sur la journée, selon le vœu de Condorcet, servit en fait à fixer les chefs-lieux des départements en 1789.
      Mais entre temps la voirie et les moyens de transport se sont largement améliorés.

      Déjà, avant de parler de circulation terrestre, il ne faut pas oublier que, dans le cas qui nous concerne ici, la principale voie de circulation, c’est le Rhône, emprunté chaque jour par d’innombrables bateliers.

      Ensuite, pour se faire une idée de la vitesse de circulation sur telle ou telle route, il faut voir si c’est une "route de poste". Comme de nos jours nous avons nos nationales et nos départementales, il y a avait différentes tailles de routes et différents états d’entretien. La priorité était donnée aux "routes de poste" sur lesquelles circulaient la malle-poste et les diligences. Elles étaient les plus "carrossables" avec en sus l’organisation de relais de poste pour changer les chevaux à distance régulière, pour maintenir une vitesse optimale, la voiture de la malle-poste étant théoriquement la seule qui avait le droit de mener ses bêtes au galop...
      Plus globalement, la police de la circulation était très complexe au cours de la première moitié du XIX e s., et l’allure à laquelle vous pouviez mener vos chevaux dépendait de plusieurs critères notamment la largeur de la bande de vos roues, l’écartement des roues, le nombre de chevaux...

      On nous dit toujours que nos aïeux connaissaient tout juste le clocher du village voisin mais en fait ils circulaient bien davantage, surtout si on se place entre 1840 et 1850. Le budget pour l’entretien des routes étant toujours un des postes les plus importants d’un conseil général, ils faisaient toujours l’objet d’un vaste débat dans les rapports et délibérations du CG (généralement disponibles sur Gallica). Vous pourrez constater certaines particularités locales.
      Les routes étaient donc empruntées par bien plus de gens qu’on ne croit surtout si on parle des grands axes, paysans allant au marché, colporteurs, militaires en manoeuvre etc.

      dans les villes, la décennie voit aussi l’amélioration du macadam etc.

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      • Comment le savaient-ils ? 15 mars 11:03, par Michel Guironnet

        Merci pour votre explication sur les déplacements à l’époque.
        Il est vrai que les mariniers, au temps de la batellerie à chevaux, échangeaient des nouvelles lorsqu’ils se croisaient sur le fleuve ou dans les auberges.

        Cordialement.
        Michel Guironnet

        Répondre à ce message

  • Comment le savaient-ils ? 15 mars 09:51, par GIROD Alain

    Bonjour,
    passionnant ! toutefois, une question, qu’est-ce qu’un "pantalon à corsage" porté par ce garçon noyé ?
    Merci pour votre retour
    Cordialement
    Alain

    Répondre à ce message

    • Comment le savaient-ils ? 15 mars 10:56, par Michel Guironnet

      Bonjour Alain,

      Merci pour votre commentaire.

      Sur Gallica, cet extrait « Des Bains de mer chez les enfants », par le Dr Brochard, André-Théodore (1864) :
      Le costume de bain le plus commode pour les enfants, se compose d’un pantalon court et d’une petite blouse serrée à la taille, ou d’un pantalon à corsage d’une seule pièce. Ce vêtement, en étoffe de laine légère, de couleur plus ou moins foncée, se boutonne par devant et est très-facile à mettre et à ôter.
      Quelques médecins se sont élevés avec force contre l’usage de ce costume qui gêne, disent-ils, les mouvements et empêche les baigneurs de se livrer à l’exercice salutaire de la natation, et ils voudraient qu’il fût remplacé par un simple caleçon.

      Bien des jeunes noyés se baignent tous nus...ou avec un simple caleçon !

      L’espèce de combinaison dite "pantalon à corsage" devait ressembler à un bleu de travail...en plus léger !

      Cordialement.
      Michel Guironnet

      Répondre à ce message

  • Comment le savaient-ils ? 15 mars 10:02, par martine hautot

    Bonjour,Michel

    Tout bonnement le bouche à oreille ,trés ancienne méthode de communication. L’existence de marchés(celui de Vienne devait être important si j’en crois les cartes postales publiés sur le site de Delcampe ) et la fréquentation des cafés par les villageois descendus en ville devaient faciliter la diffusion des nouvelles. Monsieur Ombry qui s’inquiétait de l’absence de son garçon était bien placé pour recueillir les suggestions des clients.

    Répondre à ce message

    • Comment le savaient-ils ? 15 mars 11:20, par Michel Guironnet

      Bonjour Martine,

      Merci pour votre intervention.
      Le bouche à oreille est, bien sûr, pendant des siècles un des moyens de s’informer...mais ce qui surtout me surprends est la rapidité avec laquelle parfois les personnes viennent reconnaitre le cadavre.
      Cela suppose qu’elles soient à l’affut des nouvelles dans les marchés ou ailleurs...au risque de passer à côté ou de partir très vite à un endroit pour constater que ce n’est pas le "bon noyé" !
      Et puis, il faut le temps d’arriver sur place. J’ai le cas d’un conducteur de bateau à vapeur originaire des Roches noyé suite à un accident du vapeur le 19 mai 1849 à Pont Saint Esprit, repêché à Avignon le 28 mai.
      Le jour même, quelques heures après, son beau-frère est sur place pour identifier le cadavre !

      Etonnant !
      A suivre...Michel

      Répondre à ce message

  • Comment le savaient-ils ? 15 mars 11:22, par Jacques Seynaeve

    Bonjour Michel,

    Votre article me fait penser à cet acte de décès morbide, que j’avais trouvé en ligne il y a quelques années et que j’ai eu le tort de ne pas noter (donc je ne me souviens plus ni de la date ni du département, Bouches-du-Rhône ou Var ? - c’était sur la Méditerranée dans les années 1870-1890).
    On avait retrouvé le 1/2 corps d’un homme immergé dans la mer, évidemment non-identifié.
    8 ou 10 jours plus tard, on a retrouvé une autre moitié de corps, supposée appartenir au même cadavre....

    Cordialement.
    Jacques

    Répondre à ce message

  • Comment le savaient-ils ? 15 mars 11:39, par level

    bonjour quand c’était possible par le garde champêtre et aussi par le journal et les maires des villages il y avait dans le Nord des pigeons voyageurs des commerçants itinérants et le bouche à oreille et là cela va vite !!!

    de plus il n’ y avait pas forcément de chambre froide dans les villages et ils se servaient des glacières creusées dans la terre pour la nourriture et un cadavre ne devait pas y rester longtemps !!!

    Répondre à ce message

  • Comment le savaient-ils ? 15 mars 14:02, par Jean-Pierre Derouard

    Je me suis posé la même question pour la Seine maritime du XVIII° siècle (Annales de Normandie, 1987, article disponible sur Persée) : sans réponse

    Répondre à ce message

    • Comment le savaient-ils ? 15 mars 18:43, par martine hautot

      Bonjour ,j’ai lu avec grand intérêt votre article ,d’autant que je connais bien ces bords de Seine .Pour les parents du disparu ,il était très important que le corps soit retrouvé pour lui donner une sépulture chrétienne ,donc c’était une préoccupation qui ne les quittait pas et qui les rendait attentifs à tout ce qui se racontait .On peut aussi imaginer qu’ils avaient évoqué avec le curé de leur paroisse le sort du disparu et que le curé en avait parlé à ses confrères des autres paroisses du bord de Seine...Mais ce n’est qu’une hypothèse.

      Répondre à ce message

  • Comment le savaient-ils ? 16 mars 01:29, par André

    Bonjour,
    Un peu hors sujet, mais concernant cependant le temps de diffusion d’une nouvelle, d’une autorisation… la dispense de consanguinité accordée par la Cour de Rome.
    Combien de temps les futurs devaient attendre cette dispense ?
    Bonne fin de semaine
    André

    Répondre à ce message

    • Comment le savaient-ils ? 16 mars 08:43, par Fra Viviane

      Bonjour,

      Pour le mariage d’un de mes ancêtres

      - publication des bans les 10/18 et 24 mai 1699
      - Dispense accordée par le pape Innocent XII(bulle du 3/4/1700 )transmise par le vicaire le 22/6/1701 et reçue par le curé le 23/6/1701
      - mariage le 30 juin 1701

      Répondre à ce message

  • Comment le savaient-ils ? 16 mars 12:40, par Françoise Vercelli Taland

    Mon arrière arrière grand-père est mort par noyade en 1902, il habitait Grenoble au bord de l’Isère, quai Perrière le quartier des gantiers. Son corps a été retrouvé à Beaumont-Monteux dans la Drôme quartier des Haufonds. C’est en cherchant son acte de décès que j’ai su tout cela car je ne comprenais pas pourquoi ce lieu de décès. C’est son père qui est venu reconnaître le corps je ne sais pas par quel moyen il a su….. et en compulsant les actes j’ai vu qu’il y avait beaucoup de décès par noyade dans cette commune car les corps échouaient tous dans ce quartier des Hautfonds. Il y avait des enfants…

    Répondre à ce message

    • Comment le savaient-ils ? 17 mars 07:03, par Michel Guironnet

      Bonjour,

      Merci pour votre contribution. Avez-vous recherché dans la presse locale ou la justice de paix ?
      Vous pourriez y trouver des indications utiles.
      Cordialement.
      Michel Guironnet

      Répondre à ce message

  • Comment le savaient-ils ? 16 mars 15:43, par Catherine MOREAU

    Je me suis posée la même question que vous dans un autre cadre. Il ne s’agit pas de décès, mais d’une information "politique".

    En recherchant mes ancêtres dans les registres paroissiaux d’une petite ville du sud de l’Indre-et-Loire : Preuilly-sur-Claise, j’ai trouvé, entre 2 baptêmes, le texte suivant "Le vendredi 14 may 1610 le Roy a été tué à Paris qui fut le lendemain du couronnement de la Reine et fut tué d’un coup de couteau par un nommé Ravaillac né de la ville d’Angoulème" et le lendemain "le samedi 15 fut couronné le dauphin, à présent le Roy de France".

    Les dates des 2 baptêmes enregistrés sur le registre et encadrant ces informations sont le 18 mai et le 21 mai. En ce XVIIe siècle, l’information a donc mis environ 5 jours pour parvenir au fin fond de la Touraine, probablement par les malle-poste à cette époque.

    Cordialement,
    Catherine Moreau

    Répondre à ce message

  • Comment le savaient-ils ? 16 mars 18:08, par GRUBIS-BRUN Dominique

    Dans le livre "Histoire de la région de Condrieu" l’auteur, le Général F. Béranger écrit " En 1830, la flotte se composait de savoyardes de 300 tonnes, de sicelandes de 150 tonnes (...) au total 1 200 bateaux...(entre Vernaison, Condrieu, Serrières..) et les 600 mulets par jour qui amenaient le charbon de la vallée du Gier à Condrieu pour être embarqué sur le Rhône ... L’information devait circuler.

    Répondre à ce message

    • Comment le savaient-ils ? 17 mars 07:10, par Michel Guironnet

      Merci Dominique pour ce complément d’information puisé à bonne source ! Je vois avec plaisir que tu es toujours "sur le pied de guerre" concernant l’histoire de Condrieu.
      Amicalement.
      Michel

      Répondre à ce message

  • Comment le savaient-ils ? 16 mars 19:43, par André Vessot

    Bonsoir Michel,

    Merci pour ton excellent article, fort intéressant. Cela me fait penser à l’acte de décès de mon cousin Etienne VESSOT que tu avais retrouvé à Chavanay. Il s’était noyé dans le Rhône, vers Irigny-Vernaison (suicide ou accident ?).
    En te souhaitant une très bonne soirée et un excellent dimanche.
    Bien amicalement.

    André

    Répondre à ce message

    • Comment le savaient-ils ? 17 mars 07:14, par Michel Guironnet

      Bonjour André,

      Merci pour ton sympathique commentaire.
      C’est vrai, il y a déjà quelques temps, j’avais cherché et trouvé Etienne...il faudra que je reprenne mes notes pour me rappeler de la méthode que j’avais alors employé...Je pense que c’est grâce aux registres de l’Enregistrement (à vérifier)
      Amitiés.
      Michel

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  • Comment le savaient-ils ? 17 mars 19:20, par LANGLOIS Gauthier

    Voir par exemple Arbellot Guy. Voyages et voyageurs au temps de la Révolution française. In : Les Annales de la recherche urbaine, N°43, 1989. Révolution et aménagement. pp. 55-66.
    DOI : https://doi.org/10.3406/aru.1989.1462

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  • Comment le savaient-ils ? 18 mars 17:10, par jacques

    Bonjour,
    depuis les années 1820 entre Lyon et Marseille/Toulon existe une ligne du télégraphe de Chappe ; on peut imaginer que ce système permettait de véhiculer une information comme une noyade, une demande d’information dans les cités en amont de Condrieu sur un cadavre sans nom qu’il fallait identifier... Recherches à mener ; cdt

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    • Comment le savaient-ils ? 18 mars 22:30, par Orson

      Bonjour,

      J’ai un doute sur le fait que le télégraphe de Chappe pouvait servir à la diffusion de ce genre d’informations, mais sait-on jamais ?
      La vie n’avait pas la même valeur à cette époque (et ni celle des enfants non plus) et mourir pas noyade était un "destin", pas pire qu’un autre au temps où les gens n’apprenaient pas à nager ! Certes, on honorait les défunts, mais regretter leur mort ne servait à rien, en l’occurrence quand il fallait davantage se préoccuper de la sienne et de celle des vivants autour de soi.

      A cette époque, finalement comme aujourd’hui, les gens se déplaçaient déjà moins vite que les informations, y compris celles qui les concernaient. Je veux dire par là que quelqu’un qui s’était noyé dans le Rhône à cette époque n’était pas parti la veille de Tarbes ou d’Alençon, il était forcément du coin (ou y avait noué des contacts) et avait à faire le plus souvent sur le Rhône ou à ses abords. L’intelligence des gens à cette époque était équivalente à celle des gens d’aujourd’hui et ils avaient la même capacité à prendre en compte des informations nouvelles sans les avoir vécues ou expérimentées : s’il ne savaient pas appliquer leur intelligence à l’internet (et pour cause) ils avaient d’autres savoirs, comme monter ou mener un cheval ou..."comprendre" le Rhône, par exemple. Dans tous les cas, les accidents existent toujours, puisqu’on n’apprend que par ses erreurs dit-on.

      Dans le cas des noyades dans le Rhône, il est probable que la presse (ou les archives) n’ont pas toujours retenu à cette époque le cas des noyés qu’on n’a jamais su identifier ou réclamés et, qu’à contrario, une bonne partie de ceux dont on attendait des nouvelles fébrilement ont finalement été repêchés, identifiés et rendus à leurs proche pour sépulture.

      Comme dit plus haut, l’information circulait déjà plus vite à cette époque que les gens eux-mêmes. Aussi à cette époque où les gens étaient principalement illettrés et où elle était orale, d’où l’importance pour cela des lieux de rencontre tels les tavernes et les métiers intermédiaires, tels les colporteurs et les "voyageurs" et d’autres qui sillonnaient les campagnes (facteurs, gendarmes, garde-champêtres, ...).
      Cordialement.

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    • Comment le savaient-ils ? 19 mars 08:42, par Michel Guironnet

      Bonjour Jacques,

      Comme vous le préconisez, une recherche sur les impacts du Télégraphe Chappe sur la vie quotidienne de nos ancêtres devrait se révéler très utile pour le sujet de cet article...et bien d’autres thèmes de recherches généalogiques.
      Merci pour votre contribution.
      Michel Guironnet

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      • Comment le savaient-ils ? 27 mars 18:46, par Hugues de Roquefeuil

        Bonjour,
        L’utilisation du télégraphe Chappe entre les Roches de Condrieu et Vienne n’aurait pas de sens.
        Distance Vienne - Les Roches = 13 km soit 2h30 à pied (probablement 1 heure à cheval mais je ne suis pas cavalier).
        La station Chappe la plus proche des Roches se trouve aux Côtes d’Arey, soit à 9 km. Elle enverrait le signal en quelques minutes à Jardin qui se trouve à 4,5 km de Vienne. Soit au total 13,5 km à faire à pied ou à cheval.

        Il faut se faire à l’évidence. Nos ancêtres étaient de bons marcheurs et ceux qui le pouvaient utilisaient leur monture. En quelques heures, l’information avait circulé.
        Hugues

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        • Comment le savaient-ils ? 28 mars 08:17, par Michel Guironnet

          Bonjours Hugues,

          Merci pour vos précieuses informations sur les stations du télégraphe. Pouvez-vous me précisez quelles sont vos sources ?
          Très cordialement.
          Michel Guironnet

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          • Comment le savaient-ils ? 28 mars 08:33, par Hugues de Roquefeuil

            Bonjour Michel,
            Le télégraphe Chappe est bien documenté sur Wikipedia. Les stations du sud de Lyon sont listées sur cette page https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_Tours_Chappe_de_la_Ligne_Paris_-_Toulon dans la section nommée Secteur Lyon - Avignon.

            Hugues

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            • Comment le savaient-ils ? 2 avril 17:21, par Michel Guironnet

              Bonjour,

              Je viens de lire un article très complet sur le télégraphe Chappe en Dauphiné : "Le télégraphe Chappe en Dauphiné" par Guy de SAINT-DENIS,
              Article dans "Evocations, La Pierre et l’Écrit" (Grenoble)
              Numéro 1997-1998, p. 91-110
              La ligne Lyon Toulon n’est mise en service qu’en 1821. Les stations sont toutes sur la rive gauche du Rhône et les nouvelles transmises sont codées "de bout en bout". Elles ne concernent pendant la période 1840-1850 que des informations nationales (politiques et militaires)
              Donc le télégraphe n’a pas pu servir à prévenir les autorités et les familles des repêchages des noyés !
              Effectivement, seuls moyens utilisés : les pieds ou le cheval.
              Cordialement.
              Michel Guironnet

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  • Comment le savaient-ils ? 4 avril 13:29, par Micheline ARNOULD

    Les listes de noyés tant aux Roches qu"à Condreu sont longues chaque année .
    Quelle proportion d’entre eux ont été identifiés ?

    Je suis toujours avec intéret vos interventions , merci
    MA

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    • Comment le savaient-ils ? 7 avril 16:53, par Michel Guironnet

      Bonjour,

      Difficile de vous répondre !
      Pour arriver à un résultat fiable, et encore, il faudrait vérifier dans les registres de décès, pour chacune des communes de Condrieu et des Roches, si l’acte du "noyé inconnu" repêché n’est pas suivi, à plus ou moins brève échéance, d’un acte rectificatif signalant son identification.
      Et cela sur quelle période ? Un gros travail semé d’embûches.

      Cordialement.
      Michel Guironnet

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